«J’essaie de trouver des solutions pour améliorer les conditions de vie de ces gens avec une équipe extraordinaire.»

Johanne Féron est infirmière volontaire de Médecins du Monde Canada à Port-au-Prince, en Haïti. Elle travaille dans les cliniques mobiles circulant dans les camps de déplacés à Cité Soleil. De retour d’un mois de mission, où elle était partie quelques jours après le séisme, elle a choisi de repartir avec Médecins du Monde, cette fois-ci pour trois mois.
Voici son premier témoignage.
« Cela fait un mois que je suis de retour pour une deuxième mission en Haïti avec Médecins du Monde Canada. C’est comme si je n’avais jamais quitté ce pays. L’accueil a été vraiment chaleureux avec tous les gens que j’ai eu le plaisir de rencontrer lors de mon premier passage.
J’ai été très surprise de revoir la ville, mais dans une autre perspective cette fois-ci. Beaucoup de travail a été accompli depuis trois mois, les rues dégagées en grande partie des débris d’immeubles effondrés. Des petits commerces de toute sorte bordent les rues animées de musique, les sourires sont plus présents sur les visages : la vie a repris de plus belle. Quel courage!!! Par contre, les camps de déplacés ont augmenté, et les conditions de vie sont sous les normes de la charte des droits…
Les abris, l’eau, la nourriture, les latrines tout est à améliorer. J’aurais beaucoup de difficulté à vivre dans les camps 24 heures : zéro confort, invasion de moustiques, et le soir il pleut de plus en plus et aucun abri n’est étanche. Les chemins deviennent des marres de boue remplies de déchets de toutes sortes.
Nous allons tous les jours avec des équipes de cliniques mobiles prodiguer des soins gratuits pour cette population qui en a grandement besoin.
J’ai essayé de retrouver quelques enfants que j’ai eu à traiter lors de ma première mission. Je n’ai eu des nouvelle que d’une jeune fille : elle avait une plaie énorme et très infectée au pied et on n’était pas sûre de pourvoir sauver le membre. Maintenant elle saute, elle court !!!!
Je suis devenue coordonatrice médicale des cliniques mobiles : mon rôle a un peu changé. Je travaille moins sur le terrain, par contre j’essaie de trouver des solutions pour améliorer les conditions de vie de ces gens avec une équipe extraordinaire.»
